La Fille Brisée du Quarterback

La Fille Brisée du Quarterback

Aaron Choba · En cours · 445.6k Mots

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Introduction

Élise

Chaque fois que Damien prend la parole, je me fais toute petite, attendant que la dureté de sa voix se transforme en cruauté. Mais ça n'arrive jamais. Il est direct, certes, mais pas de cette façon que j'ai appris à redouter. Il me pousse dans mes retranchements, mais jamais trop fort, comme s'il savait que je pourrais me briser. Cela me déstabilise plus que son sourire carnassier ou la façon dont toutes les filles du campus le regardent passer.

Je n'arrête pas de me répéter qu'il est dangereux, que les garçons de son genre me détruiront, mais mon corps me trahit. Mon pouls s'affole quand sa main frôle la mienne. Mon estomac se noue quand son attention s'attarde trop longtemps sur moi. Et au fond de moi, je suis terrifiée à l'idée de ce qui arrivera si j'arrête de le fuir. Parce que pour la première fois depuis des années, une part de moi se demande ce que ça ferait de faire à nouveau confiance à un homme.


Son souffle chaud me fait soupirer. « Et moi, je voudrais ta queue. »

« Déjà ? »

« Oui. »

« Doucement, Paulina… » m'avertit Adrian. « Tu es tellement serrée. » Il glisse un doigt épais en moi, et je ferme les yeux lorsqu'il en ajoute un deuxième. Je me contracte autour d'eux, et il lâche un petit rire rauque. « Ma queue est beaucoup, beaucoup plus grosse que ça. Tu penses pouvoir la prendre ? »

Ma réponse n'est qu'un halètement court. « Oui… » La vérité, c'est que je pourrais vraiment mourir si je ne le sens pas en moi. Je palpite de désir. « Baise-moi, Adrian. »

Un rire sombre et grave gronde dans sa poitrine.

Ses doigts glissent plus profondément, trouvant un point sensible parfait. Il me stimule à cet endroit, d'un toucher lent et expert. Il ne faut pas longtemps pour que ma respiration ne se transforme en petits halètements saccadés.

« Hnn… » gémis-je. « C'est tellement bon… »

Chapitre 1

Point de vue d'Élise

Tous les hommes me terrifient. Je ne l'ai jamais avoué à personne, et je n'ai jamais demandé d'aide. La peur a commencé la nuit où j'ai été agressée. Personne ne le sait, et une part de moi est convaincue que personne ne me croirait jamais.

Et pourquoi le feraient-ils ? Je ne suis pas le genre de fille qui se fait remarquer. Petite, discrète, les cheveux bruns, la fille qui se cache derrière ses livres pendant que les autres vivent leur vie. Invisible. Oubliable. Pourtant, c'est l'un des joueurs de football les plus admirés du campus qui a abusé de moi.

Pourquoi lui ? Pourquoi moi ?

Ces questions me brûlent de l'intérieur, mais elles sont aussi la raison pour laquelle je garde le silence. Qui me croirait si je disais que Julian Ashford m'a poussée contre un mur et a pris ce qui ne lui a jamais appartenu ?

Même maintenant, ce souvenir me noue l'estomac. C'est arrivé lors de ma toute première soirée étudiante, avant même le début du semestre. Il était ivre, mais cela n'excuse rien. Ce qu'il a fait était monstrueux.

Et d'une certaine manière, c'est moi qui porte la honte, comme si j'étais la coupable. Parfois, ce poids est si lourd que j'ai envie de m'effondrer et de pleurer, mais pleurer ne change jamais la vérité. Si jamais j'en parlais à voix haute, je sais que la plupart des gens ne prendraient pas mon parti.

Alors, je me tais. Je l'enfouis au plus profond de moi. Je me dis que je survivrai sans aide, parce qu'une thérapie coûte trop cher et qu'il y a des gens dans le monde qui souffrent bien plus que moi.

Au moins, je ne suis pas enceinte. J'ai vérifié encore et encore, terrifiée. Peut-être que cette peur s'estompera un jour, peut-être que j'apprendrai à nouveau à respirer en présence d'un homme.

Mais pour l'instant, je suis assise à la bibliothèque, faisant comme si mes pensées n'étaient pas assez bruyantes pour me noyer. Mon ordinateur portable ronronne pendant que je tape, travaillant sur le devoir que notre professeur nous a donné. Il nous a mis en binôme pour que nous nous fassions de nouveaux amis, mais mon partenaire ne s'est pas présenté.

Honnêtement, je suis soulagée. J'étais censée faire équipe avec Damien Lancaster, et même si toutes les filles poussaient des petits cris d'excitation à cette idée, je ne voulais rien avoir à faire avec ça.

Damien Lancaster. Même son nom a du poids. Les filles le décrivent avec tous les clichés possibles : magnifique, grand, large d'épaules, impossible de lui résister. Une fille a même supplié le professeur d'échanger sa place avec la mienne juste pour être près de lui. Je ne comprendrai jamais pourquoi.

Je m'étire en réprimant un bâillement, et décide de ranger mes affaires. La faim me tenaille, et peut-être que mes colocataires ont laissé quelque chose d'intact dans le frigo. J'attrape mon ordinateur, prête à m'éclipser en douce.

C'est alors que j'entends le bruit de pas lourds.

— Hé, toi !

Je me retourne lentement, la poitrine serrée.

Une silhouette imposante marche droit sur moi. Son sweat à capuche gris est tendu sur des épaules taillées dans la pierre, et je dois renverser la tête en arrière pour affronter l'intensité de son regard.

Rugby. Lutte. Quelque chose de brutal qui exige de la puissance. Il doit bien faire un mètre quatre-vingt-quinze, peut-être plus. Il a l'air de sortir tout droit d'un film, il détonne dans cette pièce silencieuse.

Et il est époustouflant, d'une manière qui me coupe le souffle avant même que je ne réalise que je retiens ma respiration.

Je reste figée, le dévisageant comme une idiote tandis que mon esprit se vide complètement.

« Tout est à moi », dit-il d'une voix grave et autoritaire, qui résonne dans l'espace comme s'il en était le maître.

Mes lèvres s'entrouvrent, mais aucun son ne sort.

« Tu es Elise Hawthorne, c'est ça ? »

Je déglutis avec difficulté. « Oui. »

Son regard accroche le mien avec une force qui me donne des frissons, puis il fait un pas en avant, si près que son sweat à capuche m'effleure presque. Le bord de la table s'enfonce dans mon dos tandis que l'air entre nous disparaît.

« Dire que j'allais te trouver à la bibliothèque », marmonne-il, presque pour lui-même. « On dirait que la chance me sourit enfin. »

Je n'arrive pas à détacher les yeux de lui. Son torse semble d'une largeur irréelle, et il dégage une assurance qui frise l'arrogance. C'est peut-être l'homme le plus intimidant que j'aie jamais rencontré.

« Tu m'écoutes, au moins ? »

Non, je suis trop distraite par ta présence. « O-oui… »

Il soupire, frustré. « Le prof t'a donné mon numéro. Pourquoi tu ne m'as pas envoyé de message ou appelé ? On est censés travailler ensemble. »

« Euh… »

« Quoi ? » Sa voix se fait plus grave alors qu'il se penche, m'écrasant un peu plus contre la table. Mon pouls bat si fort que je l'entends résonner dans mes oreilles.

« Attends. Tu es un peu lente à la détente ou quoi ? »

J'ouvre la bouche, mais aucun son n'en sort.

Il penche la tête, m'observant comme s'il disséquait la moindre parcelle de mon être, et je retiens mon souffle. Une vague de panique m'envahit : et s'il me faisait vraiment du mal ?

Je reste parfaitement immobile, incapable de bouger sous son regard.

« Tu te drogues ? »

Je secoue vivement la tête.

« Alors pourquoi tu n'as pas appelé ? »

« A-appelé ? » Le mot franchit mes lèvres de manière saccadée.

« Oui, Elise ! » Sa voix tonne, me dominant de toute sa hauteur comme s'il était le maître des lieux. « On est censés travailler ensemble. Explique-toi. Pourquoi tu ne m'as pas envoyé de message ou appelé ? Dis quelque chose, à la fin ! »

Travailler ensemble ?

« Je… »

Il plisse les yeux, perdant patience. « Plus fort. Parle comme une personne normale. Personne ne t'entend quand tu marmonnes. »

Je déglutis péniblement, luttant contre les picotements dans mes yeux alors que des larmes menacent de couler. Je passe nerveusement la langue sur mes lèvres, rongée par le doute. M'aurait-il confondue avec quelqu'un d'autre ?

« Je suis… désolée. Mais qui es-tu, exactement ? »

Au moment où je pose la question, il décroise les bras. Il expire entre ses dents serrées, recule d'un pas et me laisse enfin l'espace pour respirer.

Même avec la distance qui nous sépare, je n'arrive pas à détacher mon regard de lui. Il est massif, le genre de carrure qui vous fait vous demander s'il a été élevé à la viande crue et au fer plutôt qu'avec de la nourriture.

Il est immense. Et dangereusement séduisant, bien que ce ne soit pas d'une manière rassurante. Il ressemble au genre d'homme capable de protéger votre vie ou d'y mettre fin, et cette pensée m'envoie des frissons dans le dos.

Sans un mot de plus, il passe devant moi à grands pas et tire la chaise face à la mienne. Il s'assoit, le visage impassible, ses lèvres ne formulant qu'un seul ordre : « Assieds-toi. »

Mon cœur rate un battement tandis que je cligne des yeux. « Tu es… sérieux ? »

À la façon dont sa mâchoire se contracte, je devine qu'il se retient. « Sérieusement ? Tu ne sais vraiment pas qui je suis ? »

Je secoue la tête.

« Il y a des affiches de moi placardées sur tout le campus, et tu ne m'as jamais vu ? »

Je secoue encore la tête.

Il grogne et passe une main dans ses cheveux blond cendré, la frustration gravée sur chaque trait de son visage. « Incroyable. Je suis Damien Lancaster, ton partenaire de projet. Quel est ton problème ? Tu as du mal à parler ? »

Non, je n'ai aucun problème. Je suis juste terrifiée par les hommes. Surtout par ceux comme Damien Lancaster. Malheureusement, c'est mon partenaire.

Attends. Vient-il de dire qu'il a une affiche sur le campus ? Pourquoi aurait-il… peu importe. Je ferais bien de répondre avant qu'il ne perde de nouveau patience.

D'une voix tremblante, je parviens à articuler : « Non… j'arrive très bien à parler. »

« Alors parle plus fort, d'accord ? Je ne vais pas rater ce cours juste parce que tu refuses d'utiliser ta voix. » Son regard glisse vers mon ordinateur portable avec une intention acérée, comme s'il lui appartenait déjà. « Qu'est-ce que tu as fait jusqu'à présent ? Et pourquoi es-tu toujours debout ? »

Je me laisse tomber sur la chaise, chaque mouvement ralenti, mon corps affaibli par la nervosité. Je réussis tant bien que mal à formuler des mots. « Je ne suis pas encore allée très loin. »

Damien lève les yeux au ciel et tire mon ordinateur vers lui d'une grande main. Il étudie l'écran en poussant un petit bruit de gorge, scrutant chaque détail.

Mon pouls s'accélère et s'affole, ma respiration devient irrégulière. Être si près de lui me donne le vertige, comme si mon corps ne savait pas comment exister en sa présence.

Il hausse un sourcil. « Qui de sensé choisirait la Suède pour un exposé alors qu'il y a tellement de meilleures options ? »

« Euh… »

« Et ce mec sur la photo, qu'est-ce qu'il fout ? Il se baigne à poil ? » Il ramène son regard sur moi, l'expression indéchiffrable. « Tu as l'air douce et inoffensive, mais tu ne l'es peut-être pas. On ne peut faire confiance à personne de nos jours. »

Quoi ? Est-il sérieusement en train de parler de l'homme qui plonge d'une falaise dans l'eau sur l'une de mes diapositives ?

« Et au fait, c'est la Norvège. Pas la Suède. »

Ses sourcils se haussent, mais son regard dur revient tout aussi vite.

« Je le savais. Le drapeau m'a mis sur la voie. »

Ouais, c'est ça. Quelque chose me dit qu'il n'en avait aucune idée.

— Bien, murmuré-je dans un souffle.

Au moins, j'avais raison. Je ne suis pas complètement à l'ouest.

Pour une raison ridicule, je souris presque. Damien Lancaster est… différent.

Il plisse les yeux comme pour me mettre au défi de le contredire.

— Je te testais.

Puis, il pointe deux doigts vers ses yeux et ensuite vers les miens.

— Je m'assurais juste que tu étais concentrée.

Concentrée ? Il est sérieux, ce mec ?

Je l'observe attentivement, à moitié convaincue que Damien est peut-être vraiment dérangé, mais je sais qu'il vaut mieux ne pas le dire à voix haute. C'est le genre d'homme qui pourrait m'écraser sans effort, alors le silence me semble plus sûr.

— Le choix de la Norvège comme sujet ne te plaît pas ?

La Norvège est magnifique. Comment pourrait-on ne pas s'en réjouir ?

— Non, la Norvège, c'est très bien.

Il repousse l'ordinateur portable de l'autre côté de la table, et mon cœur bat si fort qu'il m'en fait mal.

— Je vais passer sur le fait que tu n'as jamais appelé ni envoyé de message. Tu t'en es assez bien tirée. Mais demain, on vient ici directement après les cours. Ensemble. Compris ?

Mes lèvres s'entrouvrent, mais aucun son ne sort assez vite. Ses yeux brillent d'impatience.

— Tu as compris, Elise ?

Le feu me monte aux joues.

— O-oui.

Son regard glisse sur moi en un lent balayage avant de s'ancrer à nouveau dans le mien, lourd de domination. Damien se comporte comme un homme habitué à contrôler, habitué à ce que les gens se plient à sa volonté. Ça se voit dans chacun de ses mouvements, chaque regard, chaque once de force qui émane de lui.

— Plus fort.

— Oui ! Ma voix se brise sous le poids de son regard.

— Je ne t'entends pas.

Je prends une inspiration tremblante et articule les mots avec plus de force.

— Oui. Nous viendrons ici demain.

Il plisse les yeux comme s'il scellait un accord.

— Ensemble.

Autoritaire est un doux euphémisme.

— Ensemble, répété-je doucement.

— Et tu ne me poseras pas de lapin.

Comme si j'osais.

— Je ne te poserai pas de lapin.

— Enfin. Assez fort pour qu'on t'entende.

Damien se redresse de toute sa hauteur, me dominant de sa stature, sans m'offrir le moindre sourire.

— Continue à travailler sur la présentation.

C'est tout ? Il s'en va, comme ça ?

Je retrouve la voix.

— Où… où vas-tu ?

Il hausse un sourcil.

— Tu n'as pas faim ? Je vais nous chercher une pizza au bout de la rue. Une demi-heure. Tu seras encore là.

Avant que je puisse protester, il s'éloigne à grands pas, sans la moindre hésitation.

Je le regarde partir, abasourdie.

L'arrogance de ce type.

Tu seras encore là. Sérieusement ?

Un frisson glacé me parcourt le dos. Les hommes comme lui, ceux qui agissent comme si donner des ordres était leur droit le plus absolu, m'effraient. Damien Lancaster m'effraie. Il a l'air dangereux, et pourtant si séduisant que ça me rend vulnérable. Un autre frisson remonte le long de ma colonne vertébrale, et je n'arrive pas à imaginer que je puisse un jour me sentir en sécurité près de lui.

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— Eh bien, vous m’avez enlevée par erreur. Je peux rentrer chez moi, maintenant ? J’ai des frais de scolarité à payer.

Mais Adrian n’a pas ri. Il s’est approché, sa présence d’une puissance étouffante. Il avait fait vérifier mon identité.

— Le nom de jeune fille de ta mère est Volkov, a-t-il murmuré, les yeux assombris par une promesse mortelle. La femme que nous comptions enlever est la fille de la Vipère… et toi aussi.

Mon cerveau s’est figé. Mon père absent était un seigneur du crime impitoyable ?

— Tu m’es utile, maintenant, a ordonné Adrian, d’une voix qui ne laissait place à aucune discussion. Tu resteras dans cette maison. Tu iras là où je te dirai d’aller, et tu feras ce que je te dirai.

Je l’ai foudroyé du regard.

— Vous ne me possédez pas !

Il s’est penché, son souffle frôlant mon oreille.

— Si. Maintenant, si.